URBANISME 

La "barre Renoir" de La Courneuve est détruite
Strasbourg: paradis du vélo, tourment du piéton
Renouvellement urbain: un chantier de 20 milliards de francs d'ici à 2006

L'édition 2000 des ``Entretiens du patrimoine'' consacrés à la Ville
Grands Projets de Ville dans le Nors-pas-Calais.
 500.000 F d'amende requis contre Luc Besson pour construction sans permis  
Qualité de vie à Paris
: Jean TIBERI a annoncé une liste de 24 mesures.
Commune d'Avrillé. Les membres d'une association de lutte contre le projet de tracé autoroutier.
100 Ans De Projets Urbains
Convivialité urbaine à Montreuil
Renault compte lancer l'aménagement de l'île Seguin en 2000
Bogota: "capitale mondiale du chaos"
Taiwan - Plus de 2.600 personnes sous les décombres
Carrefour-Promodès sera en situation hégémonique dans certaines villes

 

La "barre Renoir" de La Courneuve est détruite

PARIS (Reuters) - La "barre Renoir", un immeuble de 15 étages construit en 1963 dans la Cité des 4000 à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, a été détruite dans le cadre d'un programme de rénovation du quartier.L'opération, qui a nécessité quelque 350 kilos d'explosifs, s'est déroulée peu après 13h00.Symbole de l'urbanisme des années 60, ce bâtiment de près de 190 mètres de long s'est affaissé en une vingtaine de secondes tel un château de cartes.

Le ministère de la Ville envisage la destruction de 5.000 logements HLM cette année en France. La "Muraille de Chine", une barre de 280 mètres de long datant également des années 60, a été détruite par explosifs le 27 mai dans la banlieue de Saint-Etienne.

 

Strasbourg: paradis du vélo, tourment du piéton

STRASBOURG (France), 21 fév (AFP) - Exemplaire en France pour sa politique du "tout vélo", Strasbourg (est) a offert nombre de ses trottoirs aux cyclistes dont les zig-zag tourmentent de plus en plus les piétons de la ville où siège le Parlement européen.
Entre adeptes du déplacement écologique, ce n'est pas la guerre ouverte mais le ton monte sur les 300 kilomètres de réseau cyclable, notamment dans les zones piétonnes fortement étendues depuis 1992 et où les personnes âgées avouent leur crainte face aux engins à pédales déboulant à l'improviste.

"Vous connaissez la définition d'un trottoir ?", ironise Michel Derché, de l'association Piéton 67: "C'est un raccourci entre deux pistes cyclables".

Le ras-le-bol de Piéton 67, créée il y a moins d'un an, vise d'abord le stationnement sauvage des voitures. Mais ses quarante membres se plaignent aussi des vélos, mode de déplacement utilisé par un quart des Strasbourgeois en centre-ville: "Parler de guerre c'est un grand mot, mais il y a un conflit", estime M. Derché.

Garages à vélo, location de deux-roues pour 30 francs (4,60 euros) par jour, atelier de réparation, vélo-taxi, la politique cyclable de la municipalité, conjuguée au tramway et à des tarifs de stationnement automobile dissuasifs, fait tout pour endiguer le flot des voitures en centre-ville.

Mais elle a quelque peu oublié les piétons, dont la densité a pourtant augmenté et qui se plaignent.

Les cyclistes eux se sentent pris en tenaille: "nous sommes complètement bafoués par les automobiles et fustigé par les piétons", regrette Jean-Michel Abt, ingénieur et adepte du vélo depuis 34 ans.

Lui prêche la priorité absolue aux piétons, mais "certains qui roulent vite vous diront que les piétons n'ont rien à faire sur leur piste cyclable", ajoute-t-il.

A la mairie, dont le slogan est "Strasbourg, un vélo d'avance", l'adjoint au maire socialiste Jean-Pierre Fréani se demande comment régler ce casse-tête urbain. Il s'apprête à nommer "incessamment" un Monsieur Piéton pour élaborer une charte signant "l'engagement de la collectivité sur la place du piéton dans la ville".

La ville a déjà commencé à repenser et même repaver ses trottoirs pour que les aveugles ou mal-voyants puissent détecter les pistes cyclables en les bordant avec des dalles en relief spécialement conçue.

"Quelle est la solution ? Puis-je interdire les vélos en zone piétonne ?", poursuit M. Fréani. "Si on a mis les vélos sur le trottoir, c'est qu'on considère qu'en les séparant de la circulation automobile, on les protège mieux", défend-il, estimant que Strasbourg est "victime de son succès".

clr/beb/ab t.tmf

 
Renouvellement urbain: un chantier de 20 milliards de francs d'ici à 2006

PARIS, 14 déc (AFP) - Renouvellement urbain, emploi, lien social: un vaste chantier de rénovation des quartiers en déshérence est lancé mardi avec l'annonce par le Premier ministre Lionel Jospin de mesures dont le coût s'élèvera à quelque 20 milliards de francs sur six ans, selon le ministère délégué à la Ville.
A l'issue du 3ème Comité interministériel des villes (CIV) Lionel Jospin a affirmé que le gouvernement avait décidé une "mobilisation exceptionnelle" en faveur de la politique de la ville, qualifiée de "priorité nationale".
Soulignant que beaucoup de quartiers "ne bénéficient pas encore" du "vaste mouvement de reprise" de l'économie, il a affirmé qu'il fallait "empêcher que des territoires restent à l'écart de cette dynamique", au nom de la "solidarité". Le plan "de rénovation urbaine et de solidarité", destiné en priorité aux 250 sites en contrats de ville 2000-2006 et annoncé le 27 septembre à Strasbourg par M. Jospin, comprend trois volets: rénovation du bâti (désenclavement, résorption de l'habitat insalubre, démolition), mesures en faveur de l'emploi et du lien social, et amélioration des services publics.
Cinquante villes ou agglomérations en situation vraiment difficile ont été désignées parmi 150 candidates, pour se partager une enveloppe de 5 milliards de francs sur six ans (qui s'ajoutent à 1,2 milliard déjà réservé dans les contrats de ville).
Ces 50 "Grands projets de ville" (GPV) doivent prouver, d'ici au premier trimestre 2000, qu'ils répondent aux objectifs fixés par le gouvernement: agir sur l'urbain mais aussi sur le social, en concertation avec les habitants, pour redonner vie à ces quartiers et les réintégrer dans la vie de l'agglomération qui les entoure.
Les opérations de démolition-reconstruction, dont le rythme va doubler dans les années à venir, de rénovation des copropriétés dégradées, d'opérations foncières vont également bénéficier d'un nouveau fonds de 3 milliards de la Caisse des dépôts et consignations. La CDC consacrera aussi une enveloppe de dix milliards à un prêt à 3% pour ces opérations urbaines.
La leçon a été tirée des précédents grands projets urbains, lancés dans les années 90, qui s'étaient concentrés sur l'urbanisme. Le gouvernement a été cette fois attentif à l'accompagnement économique et social des grands travaux (le coût de ces mesures s'élève à près d'1,6 milliard par an pendant six ans).
Démolir une tour, construire un centre commercial, une voie d'accès au coeur du quartier sans veiller aux répercussions sur les habitants n'a en effet guère de retombées de longue durée, insiste le ministère.
Outre des mesures favorisant le maintien et l'implantation des entreprises, une attention particulière a été portée à l'amélioration du "lien social", au développement de la médiation, notamment entre les habitants et les services publics.
Partant du succès obtenu par les femmes-relais dans les quartiers qui aident les familles dans leurs démarches quotidiennes, le gouvernement va créer 10.000 postes d'adultes-relais sur trois ans (financés à 80% par l'Etat), destinés à des adultes sans emploi habitant dans les quartiers.
La médiation, notamment lorsque se posent des problèmes de discrimination raciale, est encouragée. 300 délégués du Médiateur de la République seront recrutés en trois ans, dont 100 dès 2000. Ils serviront aussi de relais entre les habitants des quartiers et les services publics.
Le fonctionnement des services publics est un point faible dans les quartiers en difficulté et le Premier ministre avait promis de s'attaquer à ce problème. Le plan annoncé mardi prévoit, outre primes et formation supplémentaire (coût de ces mesures: 1 milliard par an) pour les agents travaillant dans ces quartiers, la création de délégués de l'Etat, une expérience tentée avec succès, dans le Rhône.
Le Premier ministre devrait confirmer la priorité accordée à la rénovation urbaine en se déplaçant dans un quartier sensible en janvier.

 

 

L'édition 2000 des ``Entretiens du patrimoine'' consacrés à la Ville

PARIS (AP) -- La onzième édition des ``Entretiens du patrimoine'', qui se déroulera les 24, 26 et 26 janvier au Théâtre national de Chaillot à Paris, aura pour thème la ville en Europe.
Intitulées ``Villes d'hier, villes d'aujourd'hui en Europe'' et présidées par l'historien de l'architecture François Loyer, ces rencontres visent à réaffirmer le rôle majeur que le patrimoine, et plus largement la culture, jouent dans la constitution de la ville, tradition plusieurs fois millénaire en Europe, précise le ministère de la Culture.
Une table ronde réunira notamment des élus qui évoqueront leurs expériences dans un domaine dont le développement spectaculaire, depuis trente ans, a totalement changé l'approche du fait urbain.
La ministre de la Culture et de la Communication Catherine Trautmann clôturera la manifestation.

 

 

Grands Projets de Ville dans le Nors-pas-Calais.

Les “Grands Projets de Ville” (GPV) sont en route. La politique de la ville va donc s’accélérer dans les secteurs jugés prioritaires. Dans la région, 6 sites ont été enregistrés et pourraient recevoir 1 Md de francs d’ici 2006, hors contrat de plan. C’est le cas de Lille - Roubaix - Tourcoing, Lens - Liévin, Valenciennes, Maubeuge, Dunkerque et Boulogne. De plus, les agglomérations de Calais et Bruay-la-Buissière sont classées parmi les opérations de renouvellement urbain.
L’objectif de ces GPV vise à redynamiser certains secteurs que la croissance économique tant à laisser de côté ce qui conduit à la formation de ghetto. Les premières opérations des GPV débuteront en mars 2000. Ils consisteront à la fois en une requalification urbaine accompagnée du développement social. Le tout est d’améliorer le cadre de vie des habitants et d’apporter une valeur économique à ces quartiers. De nombreuses démolitions-reconsructions vont donc se produire, l’Etat prenant à sa charge la moitié du coût des démolitions. Enfin, il s’agira également de favoriser l’accès à l’emploi en allégeant, par exemple, les charges des commerçants et artisans.

 


 500.000 F d'amende requis contre Luc Besson pour construction sans permis

TOULON, 7 déc (AFP) - 500.000 F d'amende ont été requis mardi à Toulon contre le réalisateur Luc Besson, jugé en correctionnelle pour des infractions au code de l'urbanisme dans la propriété qu'il possède sur le site classé du Cap Bénat, à Bormes-les-Mimosas (Var).
Le ministère public a en outre demandé à Luc Besson, 40 ans, de "remettre en état les lieux", une bâtisse ressemblant à une forteresse qu'il a aménagée sur la pointe de la Cristaou.
Le cinéaste est poursuivi pour "construction sans permis de construire et non déclaration de travaux non soumis à obtention de permis de construire".
L'administration lui reproche notamment d'avoir aménagé environ 1.200 m2 alors que seuls 560 m2 lui avaient été accordés par le permis de construire.

Le jugement a été mis en délibéré au 7 février.
Luc Besson avait été dénoncé par un voisin l'accusant d'avoir rajouté des pièces, changé la destination de certains aménagements comme le vide sanitaire, fermé des terrasses avec des baies coulissantes et transformé les douves en piscine.
Le cinéaste a plaidé la bonne foi : "J'ai acheté cette bâtisse pour rétablir une maison. Je n'en ai pas changé la destination ainsi que l'attestent les plans de 1920. Je ne connais rien à l'administration et personne ne m'a dit que je ne pourrais pas faire plus" que les 560 m.
"Jamais Luc Besson n'a été alerté par qui que ce soit sur le fait qu'il commettait une infraction à la loi", a soutenu son avocat Jean Troegeler en affirmant que l'administration "avait une obligation de loyauté" et qu'elle "ne l'avait pas remplie".
Me Troegeler, qui a plaidé la relaxe, a également noté que l'architecte des Bâtiments de France s'était déclaré favorable au projet de réaménagement intérieur du bâtiment existant. "Partant de là, Luc Besson ne pouvait pas avoir le sentiment qu'il violait la loi".
Durant les débats, la présidente, Monique Sakri, a assuré que "le tribunal ne mettait pas en doute la bonne foi" du cinéaste. "Peut-être avez-vous été mal entouré", a ajouté la juge.
Le "château" de la Cristaou, une propriété de 14.098 m, qui bénéficie d'une vue imprenable sur les îles d'Hyères, racheté par Luc Besson en 1995 a été construit en 1928 par Georges-Marie Haardt, directeur de Citroën et père de "la croisière jaune", l'expédition légendaire de 1932 entre Paris et Pékin.

lbx-jg/mmr/ed




Qualité de vie à Paris
: Jean TIBERI a annoncé une liste de 24 mesures.
Suite aux Etats généraux de la qualité de vie à Paris qui se sont déroulés, le week-end dernier, à l'Hôtel de ville, le maire de Paris, Jean TIBERI a annoncé une liste de 24 mesures. Ces mesures concernent aussi bien la circulation, la pollution, l'environnement et l'urbanisme, que la culture, le sport, et la sécurité.
Dans le domaine de la voirie :
­ Le plan de circulation de Paris va être révisé, en coordination avec la préfecture de Police, de telle sorte que la circulation soit diminué de 5 % dans la capitale, à court terme. A long terme, l'objectif est d'atteindre une réduction de 10 à 20 %.
- Une carte de stationnement hebdomadaire va être créée. Elle permettra aux habitants de stationner au même endroit, pour 75 F/semaine.
- Une charte de bonne conduite destinée aux autocars va aussi voir le jour. Son principal objectif est d'obtenir l'engagement des professionnels à stationner dans les parcs de la ville. Ils seront encouragés à le faire, par l'attribution d'une carte de stationnement valable dans tous les parcs de la capitale.
Dans le domaine de la pollution atmosphérique, les mesures de restriction à la circulation en cas de pic de pollution seront désormais mises en œuvre dès l'alerte donnée par Airparif, et non plus avec 24 heures de latence.
Dans le domaine de l'urbanisme :
­ Sept nouveaux Plans d'Occupations des Sols de quartier seront élaborés (rue Saint-Denis (1er), Faubourg-du-Temple (10e), rue Daguerre (14e), les villas les plus pittoresques du 14e, rue du Commerce (15e), Ermitage-Leroy (20e) et Bagnolet-Père Lachaise (20e))
­ Une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (ZPPAU) sera créée à Saint-Germain-des-Prés.
Dans le domaine des espaces verts, deux jardins devraient voir le jour dans la capitale. Le 1er, d'une surface de 3 ha dans la cour du Maroc (18è), le 2nd de 5 ha, dans le quartier des Batignolles (17è).
En ce qui concerne les déjections canines, la municipalité s'est engagée à étudier de plus près ce problème. Dans cette optique, le nombre d'inspecteurs de la propreté devrait être doublé. Parallèlement, le montant des amendes risque d'être diminué. Par contre, Jean TIBERI n'a donné aucune suite à la demande de taxation des chiens.
Dans le domaine de la culture, les musées municipaux (Petit Palais et Musée d'art moderne) seront ouverts gratuitement, tous les dimanches matins; de plus, de nombreuses bibliothèques ouvriront leurs portes le dimanche et en soirée.

Dans le domaine de la sécurité :
- Une étude sur la création d'une police municipale va être initiée.
- Trois lieux de médiation et d'accueil des moins de 25 ans vont être ouverts dans les 2è, 18è et 20è arrondissements.

Dans le domaine scolaire, les 30 000 élèves de CE1 se verront remettre un "chéque-lire" de 100 F pour acheter des livres. De plus, 2 000 bourses de 5 000F seront attribuées aux étudiants entrant dans le supérieur.

En ce qui concerne le sport, les piscines municipales verront leurs horaires aménagés, afin de permettre un meilleur accueil des usagers. De leur côté, les bains douches seront désormais gratuits.

Dans le domaine de la démocratie locale :
- Une permanence va être mise en place dans les mairies d'arrondissement, les samedis matins, afin d'améliorer les services aux administrés (formalités et informations).
- Un bus d'information municipale devrait bientôt commencer à circuler dans les quartiers. Il permettra la réalisation de certaines formalités.
- Un n° de téléphone sera attribué, dès l'an prochain. Il permettra l'accès à des informations municipales.

L'ensemble de ces mesures présente un coût global estimé à 100 MF. Elles ne devraient pas affecter la baisse de la fiscalité annoncée, dans le prochain budget municipal.

 


Commune d'Avrillé.
Les membres d'une association de lutte contre le projet de tracé autoroutier.
Les membres d'une association de lutte contre le projet de tracé autoroutier devant traverser la commune d'Avrillé -une cinquantaine de personnes au total- font à tour de rôle une grève de la fin de 24 heures depuis le 23 octobre. L'association CACTUS (Coordination des associations contre le tracé urbain sud), créée en 1995, dénonce les conséquences d'un tel projet sur l'environnement, tant au niveau du bruit que de la pollution. Ce projet de contournement d'Angers sur l'autoroute A11 (Paris-Nantes), dont les travaux doivent débuter en 2001, prévoit la séparation d'Avrillé et d'Angers par une 6 voies. 
L'association a entamé un mouvement de protestation il y a maintenant une quinzaine de jours, en installant deux chapiteaux sur le site du chantier, dans lesquels elle présente des informations sur le tracé. C'est aussi sur ce site que chaque jour, un membre de cette association entame une grève de la faim de 24 heures, avant d'être relayé par un autre. 
Cette association est par ailleurs soutenue par d'autres associations de protection de l'environnement et des riverains, qui "n'acceptent pas que ce projet, anachronique et insensé, menace leur ville".
Ce projet, décidé il y a 20 ans, doit traverser une zone aujourd'hui habitée par 14.000 personnes. L'association souhaiterait que le contournement d'Angers se face plus au nord, dans une zone de moindre densité de population. En effet, un projet immobilier de 4.650 logements devrait voir le jour sur le site du tracé d'ici la fin des travaux de l'autoroute. "Nous voulons un tracé humainement acceptable, conclut le porte-parole de l'association Cactus, avec une protection maximale pour la population, pour faire ensemble un projet digne de l'an 2000". 


100 Ans De Projets Urbains

Expositions & Visites - Du vendredi 5 novembre 1999 au mardi 29 février 2000 - Nancy - (54)
Savoir d’où l’on vient, imaginer l’avenir…Il est toujours bon pour une communauté d’analyser le passé tout en préparant le futur. Cet exercice difficile, mais exaltant, la Ville de Nancy et la Communauté urbaine du GrandNancy ont décidé de l’effectuer en proposant une exposition sur 100 ans de projets urbains. 
Des réussites, des échecs, des débats ont peu à peu permis de dessiner la communauté de vie actuelle de Nancy. 
Cette exposition mélangera une approche à la fois chronologique et thématique. 
Les périodes chronologiques seront au nombre de trois : avant 1950, de l’après guerre à 1975, et enfin de 1975 à nos jours. 
Les thèmes seront l’habitat, les infrastructures, les monuments et espaces publics, et l’économie. Pour chacune de ces périodes seront développés les projets intercommunaux comme le « tram»avant 1914 ou de nos jours, le « trolley » après la guerre. Des maquettes montreront les projets aboutis ou non de chaque période. 
La rivière, le quartier de la gare, les transports ou encore l’université serviront de fil rouge tout au long de l’exposition. Ainsi elle permettra au public d’avoir une meilleure connaissance de l’agglomération et notamment grâce à des moyens interactifs, ludiques et pédagogiques : bandes de données, photothèque, interviews.. 
En cent ans, Nancy et son agglomération ont connu bien des évolutions : « Capitale de l’Est » entre 1870 et 1918, ensemble urbain plutôt éclaté selon les idées des années 60, puis peu à peu, à partir des années 80, agglomération aux pouvoirs étendus, cette exposition nous dira certainement ce que sera le Nancy de demain.
Galerie Poirel - Nancy 
Pour en savoir plus … 
Auteurs : 
Denis Grandjean - Adjoint au maire, chargé de l’urbanisme . 
Partenaires : Communauté urbaine du Grand Nancy Contact Mission : 
Isabella PACE – Déléguée aux Expositions 
Contact presse :
Rachel Mignard 
Tel. 03 83 85 32 83
Office du Tourisme
14, place Stanislas 
Boite Postale 810 
54000 Nancy cedex
Tél. 03 83 35 22 41
Fax 03 83 35 90 10
http://www.ot-nancy.fr


Convivialité urbaine à Montreuil
Si l’opération " en ville sans ma voiture " a été un échec, en d’autres endroits les choses se sont mieux déroulées. Comme par exemple à Montreuil, dans la proche banlieue nord-est de Paris.
La démonstration a été faite que le succés pouvait être au rendez-vous à condition qu’il y ait une véritable synergie festive avec les associations. Le souci premier des organisateurs montreuillois était bien de donner aux habitants une réelle information et de les mettre en situation de manière positive.
Vélo prêté en échange des clés de voiture, expo sur le PDU, participation des enfants, opération "en ville dans un fauteuil" pour sensibiliser aux problèmes de déplacement des handicapés, découverte des chemins de randonnée qui traversent la ville, animations théâtrales, pose de la première pierre d’une piste cyclable, etc. Autant de jalons posés sur le chemin d’une vraie convivialité urbaine. 


Renault compte lancer l'aménagement de l'île Seguin en 2000
PARIS, 8 octobre - Renault SA a confirmé vendredi que l'aménagement immobilier de ses quelque 50 hectares de friches industrielles de Boulogne-Billancourt, susceptibles de lui rapporter entre quatre et six milliards de francs sur dix à 15 ans, pourrait finalement être lancé l'an prochain. 
Après des années d'atermoiements, le groupe a commencé cette semaine à négocier avec les grands opérateurs - Bouygues, Vivendi, Meunier, Hines, HRO et Tishman Speyer - en vue d'aménager les vastes terrains de bords de Seine, au sud-ouest de Paris, dont les anciens ateliers mythiques de l'île Seguin. 
"Renault confirme être à la recherche d'un ou plusieurs partenaires (...). Ce partenariat lui apporterait les compétences techniques et financières nécessaires au démarrage effectif de projets immobiliers sur les terrains de Boulogne qui pourrait intervenir dans le courant de l'année 2000", écrit le groupe dans un communiqué. 
Mais Renault n'est pas pressé de vendre et préfère se désengager progressivement afin de rentabiliser au mieux ce patrimoine foncier appelé à prendre de la valeur au fur et à mesure que ce projet urbain, de la taille de La Défense, se concrétisera. 
"Notre travail est de réaliser notre actif terrain le mieux possible sur le plan financier", a déclaré à Reuters Michel Auroy, secrétaire général adjoint, responsable de l'immobilier. 
C'est pourquoi "Renault n'imagine pas de vendre ses friches et de les laisser à la disposition du constructeur", mais cherche plutôt à négocier "un mode de partenariat" avec un ou plusieurs promoteurs-constructeurs, prévoyant la cession progressive de ce million de mètres carrés de droits à construire. 
"Le risque est tel que nous ne pouvons pas le prendre seul et l'opérateur non plus. Si aujourd'hui un grand groupe nous disait qu'il veut tout acheter, ce serait pour une valeur foncière extrêmement faible", poursuit-il. "Ce qui fait la valeur de ces terrains, c'est la validité des projets". 
Michel Auroy estime "grossièrement entre quatre et six milliards de francs la valeur de marché de ces terrains, compte tenu d'un déroulement de l'opération sur une dizaine d'années". 
"Du fait que ces opérations seront étalées dans le temps, il n'apparaîtra jamais une rentrée brutale d'un ou plusieurs milliards dans les résultats de Renault", précise-t-il. 
Les candidats devront remettre leurs propositions dès novembre et Renault se donne au moins jusqu'au premier trimestre 2000 pour donner sa réponse, vu la complexité de ces accords, qui mettent également en jeu six communes, la région et l'Etat. 
L'aménagement de ces terrains en friches à la suite de la fermeture de l'usine Renault de Billancourt en 1992 a déjà fait couler beaucoup d'encre, dont celle de l'architecte Jean Nouvel qui, dans un article publié en mars dans Le Monde et intitulé "Boulogne assassine Billancourt", appelait à préserver l'usine dans le patrimione national comme témoin de l'histoire de la classe ouvrière. 
Seuls la centrale électrique du bout de l'île Seguin et l'atelier où Louis Renault a construit sa première voiture en 1898 et quelques autres bâtiments seront conservés. 
Le projet d'urbanisme retenu prévoit 500.000 m2 de logements, 250.000 m2 de bureaux et 250.000 m2 de locaux d'activité, sur des immeubles de six étages en moyenne, avec 10 hectares d'espaces verts, un boulevard et des berges piétonnes. 
"Nous avons toujours dit que nous ne ferions pas une opération financière sur un projet qui ne serait pas de qualité", souligne Michel Auroy, qui ne prévoit pas de début de construction avant la fin de l'an 2000. A terme, Renault s'est engagé à construire son siège social sur cet emplacement. 
((Juliette Rouillon, Service marchés, tél 01 42 21 52 21, fax 01 42 36 10 72, paris.newsroom@reuters.com)) 
REUTERS 
La FABRIQUE vous propose de voir également : http://www.tgad.com/description/page2a.html…






Bogota: "capitale mondiale du chaos"
BOGOTA, 7 oct (AFP) - L'angoisse des 6,5 millions de Bogotanais, déjà confrontés aux soubresauts de la guerre civile, s'est transformée en cauchemar cette semaine dans l'asphyxie dantesque des transports.
"Passer cinq heures dans la voiture, quand il me faut d'habitude une demi-heure, dépasse toutes les limites de l'entendement", s'exclame José. A l'image de 700.000 autres automobilistes, et de millions d'usagers des transports en commun, cet employé a vécu des journées noires.
La conjonction des pluies et de 4.000 chantiers de réfection routière, ouverts dans une totale improvisation, a pétrifié le trafic du matin au soir dans une ville aux rues truffées de trous, qui se creusent de jour en jour. C'est "la capitale mondiale du chaos", titre jeudi le quotidien El Espacio.
Les fondrières alternent avec des milliers d'excavations et de tranchées dans la capitale de la République, où le moindre rendez-vous entre la zone résidentielle au nord et le centre-ville exige déjà de dépenser plus de deux heures en temps normal dans un trafic apocalyptique. 
Cet enfer contraste avec la fluidité de la circulation à Medellin, la seconde ville du pays avec 2,6 millions d'habitants. La ville de l'"éternel printemps" mérite beaucoup mieux que l'image négative transmise naguère par les activités de son cartel de la drogue, et ses nombreux admirateurs ont eu le temps d'envier ses avenues dégagées, vides du moindre papier, dans les embouteillages monstres de Bogota de lundi à mercredi.
"Tout le monde est au bord de la crise de nerfs !", avoue Rocio, cadre dans une télévision de la capitale, sans toutefois perdre cette cordialité commune à tous les Colombiens, et toujours vivace malgré leur plongée dans les affres de la plus grave crise économique du siècle. 
Les Bogotanais disposent d'un don certain pour supporter toutes les chausse-trappes susceptibles de leur faire perdre cette équanimité qui frappe d'entrée le visiteur étranger. La menace d'un enlèvement - ils se chiffrent par près de 2.000 par an - hante les esprits dans un pays où la guerre civile a déjà fait plus de 120.000 morts en 35 ans. La presse locale a signalé récemment plusieurs cas d'accidents de la circulation, où le conducteur descend de voiture, et se retrouve séquestré. 
Cette crainte s'est doublée d'un tourment supplémentaire dans le labyrinthe sans issue qu'est devenue Bogota cette semaine pour les transports. Une psychanalyste, Camila de Carvajal, a mis en garde jeudi les usagers, dans le quotidien El Tiempo, contre les risques engendrés par ces embouteillages pour la santé, et cite en vrac "troubles vasculaires, gastrites, ulcères et poussées de tension".
Les mises en cause de la municipalité n'ont cessé de pleuvoir pour son incapacité à planifier les travaux dans les avenues, même si les habitants reconnaissent la nécessité de combler les trous de gruyère de leur ville. 
Les automobilistes bloqués ont été contraints de jouer au chat et à la souris avec la police. Les agents, par ailleurs totalement absents aux carrefours pour régler le trafic, continuent de faire la chasse aux conducteurs en infraction pendant les horaires du "pico y placa" (alternance des jours de circulation en fonction du numéro de la plaque minéralogique). "Un motard m'a suivi dix minutes avant l'heure fatidique, enrage Camilo. Comme j'ai été bloqué dans les +trancones+ (embouteillages), il m'a verbalisé à 7H00 pile !" Le "pico y placa" sévit dans la capitale les lundi et mercredi de 7H00 à 9H00 le matin, puis de 17H30 à 19H30 locale le soir.
Le maire, Enrique Penalosa, déjà sur la sellette pour la construction de 15. 000 "bolardos" (bittes anti-stationnement) sur les trottoirs, vient de proposer la création de péages aux entrées de la capitale.

JT/pp t






Taiwan - Plus de 2.600 personnes sous les décombres

Par Angus Chuang 

TAIPEI, 22 septembre - Les secouristes poursuivaient leurs recherches mercredi à Taiwan pour tenter de retrouver d'éventuels survivants plus de 36 heures après le tremblement de terre, qui a été suivi par deux violentes répliques. 
Un bilan provisoire fait état de 1.863 morts, 4.460 blessés et 2.615 disparus. 
Les villes les plus touchées sont les régions de Nantou et Taichung, dans le centre de l'île, où se situait l'épicentre du séisme de mardi matin, d'une magnitude de 7,6 sur l'échelle de Richter. 
"Ma femme est restée enterrée sous des décombres durant neuf heures. Elle a eu de la chance, elle est vivante", témoignait un commerçant de 59 ans de la ville de Puli, dans la région de Natou. 
On dénombrait mercredi aux premières heures plus de 2.000 répliques, dont plusieurs dizaines d'une magnitude supérieure à cinq sur l'échelle de Richter. 
Deux violentes secousses telluriques ont de nouveau ébranlé l'île une trentaine d'heures après le séisme, compliquant un peu plus le travail des secouristes. 
La première a atteint une magnitude de 6,8 sur l'échelle ouverte de Richter, et la seconde 6,3. 

L'aide internationale s'organise

L'épicentre de la première violente réplique a été localisé dans le centre de l'île, dans le même secteur que celui de la secousse de mardi. La seconde grande réplique s'est produite une demi-heure plus tard. 
Ce regain d'activité sismique a de nouveau semé la peur parmi les habitants, qui campent dans les rues, de crainte de retourner chez eux ou parce qu'ils ont tout perdu dans le tremblement de terre. 
Les centres médicaux font face tant bien que mal à l'afflux de blessés et des hôpitaux de campagne ont été installés sous des tentes dans la zone de l'épicentre, où la majorité des bâtiments se sont effondrés. Les corps sont répartis dans des chambres froides. 
L'électricité revient progressivement, mais les coupures sont encore légion. Sur les six générateurs nucléaires que compte Taiwan, deux fonctionnent normalement dans une centrale du sud de l'île, mais un seul des trois qui avaient été fermés durant le séisme de mardi a repris sa production. Deux autres rentreront en fonction dans un délai de trois jours, tandis que le dernier des six est en période d'entretien. 
Quant aux grands ports et aéroports, ils fonctionnent comme d'habitude, et le commerce extérieur est peu touché par la catastrophe. 

L'aide étrangère commence à s'organiser. 

Des équipes de secours et des chiens spécialisés dans la recherche de corps sont arrivés en provenance des Etats-Unis, de Russie, d'Allemagne, de Singapour et de Turquie. La Chine a offert une aide financière de 160.000 dollars. L'Union européenne a proposé pour sa part 500.000 euros (575.700 dollars). /EF/SL 







Carrefour-Promodès sera en situation hégémonique dans certaines villes

Le Monde, vendredi 3 septembre
Les conséquences de la fusion entre Carrefour (Paris: 12017.PA - actualité) et Promodès (Paris: 12110.PA - actualité) , créant un géant de la grande distribution, commencent à apparaître. " EN AMONT ", les producteurs redoutent de se trouver confrontés à une nouvelle supercentrale d'achats, et, " en aval ", le jeu de la concurrence entre enseignes pourrait en être affecté. LA REVUE PROFESSIONNELLE " LSA ", a publié, le 2 septembre, la carte de France des villes où le nouveau groupe va se trouver en position dominante. L'étude montre que sur 48 des 139 agglomérations de plus de 40 000 habitants, les surfaces cumulées des magasins des deux groupes dépasseront 33 % du total des grandes surfaces alimentaires. Dans certaines villes, le pourcentage est bien supérieur à 50 %. EN ESPAGNE, où les deux groupes sont très présents, les pouvoirs publics et les producteurs commencent à s'inquiéter. 
Pascal Galinier 
CINQ JOURS après l'annonce de la fusion Carrefour-Promodès, on commence à y voir un peu plus clair sur les conséquences économiques de la constitution de ce géant mondial de la distribution. Outre l'émoi créé " en amont " chez les fournisseurs, qui redoutent de se trouver confrontés à une nouvelle supercentrale d'achats ( Le Monde du 1er septembre), la situation " en aval ", au niveau des magasins, risque de soulever quelques problèmes de concurrence, en particulier en France et en Espagne, où se trouvent 70 % des 8 800 magasins exploités par les deux enseignes dans le monde. 
Les deux partenaires ont expliqué qu'à leur avis les points litigieux se compteraient " sur les doigts d'une main ". Mais la revue professionnelle LSA a publié, le 2 septembre, la carte de France des villes où le nouveau groupe va se trouver en position dominante, voire hégémonique. Cette étude, réalisée par l'Institut français de libre-service (IFLS), montre que, sur 48 des 139 agglomérations de plus de 40 000 habitants - dont la région parisienne -, les superficies cumulées des magasins des deux groupes dépasseront 33 % du total des grandes surfaces alimentaires de la zone (y compris les magasins de centre-ville, type Monoprix (Paris: 3857.PA - actualité) ). 
DES " SEUILS " ARBITRAIRES 
Dans treize de ces zones, ce seuil sera franchi du fait de la fusion. Pour huit villes, le pourcentage est supérieur à 50 %. C'est le cas de Bourges (67,9 %), de Chambéry (65,7 %), de Compiègne (56,2 %), de Calais (54,4 %). Compte tenu des rendements supérieurs des hypermarchés Carrefour, qui réalisent en moyenne 85 000 à 90 000 francs de chiffre d'affaires par mètre carré, l'hégémonie du nouveau groupe est encore plus criante en valeur : sa part de marché bondirait jusqu'à 86 % à Chambéry, 81 % à Bourges, 78 % à Compiègne, selon une étude du cabinet Merval citée par LSA. 
En matière d'abus de position dominante, il n'existe pas de " seuils " automatiques fixés par la législation. Chez LSA, on explique que la barre de 33 % a été choisie " arbitrairement, parce qu'elle nous semble être pertinente ". D'autre part, une position dominante théorique sur le papier n'est pas en soi constitutive d'un abus. Carrefour et Promodès auront beau jeu de faire valoir que, dans un certain nombre de villes, à Chambéry, Compiègne, Ajaccio ou Narbonne, par exemple, ils étaient déjà, séparément, dominants, et que cette situation n'avait pas soulevé d'objections jusqu'ici. C'est l'un des paradoxes de la loi Raffarin sur l'urbanisme commercial : en bloquant la création de nouveaux hypermarchés, elle a figé des situations de quasi-monopole dans certaines agglomérations. Difficile aujourd'hui de venir en faire le reproche aux enseignes. 
Le gouvernement semble un peu embarrassé par ce dossier, partagé entre la satisfaction de voir se constituer, à l'amiable, un champion français, numéro deux mondial de son secteur, et le souci de ne pas froisser davantage le monde paysan ou celui du textile-habillement, sinistrés en partie à cause du poids des grandes surfaces dans leur activité. Fidèle à son habitude, Dominique Strauss-Kahn, le ministre de l'économie et des finances, a décidé de prendre son temps pour se faire une religion. 
RÉTROCESSION 
Dès l'annonce de la fusion, Bercy s'est empressé de souligner que l'opération, qui " relève du droit de la concurrence au titre du contrôle des concentrations ", est, compte tenu de son ampleur, " de la compétence communautaire ". Au titre de la subsidiarité, la Commission européenne peut rétrocéder aux gouvernement nationaux la partie du dossier concernant la situation dans chaque pays. Le temps que la nouvelle Commission, qui n'est pas encore opérationnelle, examine la question, le gouvernement français peut espérer que la colère des agriculteurs sera calmée. 
A Bercy, on se défend cependant de vouloir botter en touche. " Dominique Strauss-Kahn croit beaucoup au droit de la concurrence et à la nécessité de mettre en place une autorité de régulation indépendante en la matière. Cette autorité existe, c'est le Conseil de la concurrence ", souligne-t-on dans son entourage. La France est justement l'un des seuls pays où ce genre de décision appartient au gouvernement et pas à une autorité indépendante. Le ministre souhaite faire évoluer la pratique française, à défaut de la loi. 
Dans plusieurs affaires récentes, comme celle de la cession d'Orangina à Coca-Cola, M. Strauss-Kahn a saisi le Conseil de la concurrence pour avis, et en général toujours suivi ses recommandations. Dans la distribution, il a par ailleurs demandé au Conseil d'examiner les cas des centrales d'achats constituées par Leclerc et Système U d'une part, par Casino et Cora d'autre part. Interrogée par Le Monde, Marylise Lebranchu, la secrétaire d'Etat aux PME, au commerce et à l'artisanat estime, " à titre personnel ", que le gouvernement français doit " se saisir " de l'opération Carrefour-Promodès, pour la partie qui concerne la France. 
La jurisprudence la plus similaire sur le sujet est celle issue de l'OPA d'Auchan sur le groupe Docks de France (hypermarchés Mammouth, supermarchés Atac), en août 1996. Après avis du Conseil de la concurrence, le ministre avait donné son feu vert, sous réserve qu'Auchan se défasse d'un hypermarché dans trois villes : La Ciotat, Strasbourg et Perpignan, où la part de marché du groupe dépassait 50 %. Ironie, l'ancien Mammouth repris par Promodès (enseigne Continent) à La Ciotat risque d'être à nouveau contraint de changer de propriétaire : le nouveau groupe Carrefour-Promodès y détiendrait plus de 51 % des mètres carrés locaux et 66 % du chiffre d'affaires. 
UN EXAMEN COMPLEXE 
En matière de concentrations commerciales, précise-t-on cependant au Conseil de la concurrence, " il n'y a pas de raisonnement mécanique. Tout dépend des circonstances locales, de l'étendue de la zone de chalandise, de la facilité de circulation pour aller d'un magasin à l'autre, pas seulement de tel ou tel seuil. L'important, c'est que le consommateur continue à avoir le choix. " La variété des enseignes et le nombre de magasins concernés dans le cas Carrefour-Promodès rendraient son examen particulièrement complexe. 
Chez les concurrents, certains se frottent déjà les mains à la perspective de pouvoir reprendre des emplacements de choix. Christian Couvreux, le président du groupe Casino, affirmait, mercredi 1er septembre, que son enseigne " veillera à toute opportunité à saisir sur des cessions probables de magasins qui seront demandées par l'administration ". 



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